Les Lemuria

A qui la fève?


Les Lemuria se déroulent chaque année le 9,11 et 13 mai pour éloigner les ombres des morts. Ces nuits-là, le père de famille doit effectuer un rituel décrit par Ovide:

« Lorsque la nuit à demi passée déjà assure un sommeil silencieux,
lorsque vous, chiens et oiseaux de toutes races, vous vous êtes tus,
l’homme, fidèle à l’ancien rituel et craignant les dieux, se lève,
sans porter aucune entrave à ses pieds.

De son pouce placé entre ses doigts joints, il fait un signe,
pour ne rencontrer, dans sa marche silencieuse, aucune ombre légère.

Lorsqu’il s’est lavé les mains dans l’eau d’une source pure,
il fait demi-tour, après avoir pris d’abord des fèves noires
et les avoir jetées derrière lui ; en les jetant, il dit :
« Je vous offre ces fèves ; avec elles, je me rachète moi et les miens. »

Il prononce ceci neuf fois, sans regarder en arrière :
l’ombre est censée ramasser les fèves et suivre ses pas, sans être vue.

À nouveau il touche l’eau et fait retentir le bronze de Témèse
puis demande à l’ombre de quitter son toit.
Lorsqu’il a dit neuf fois : « Mânes de mes pères, sortez !, »
il regarde derrière lui et considère que les rites sont accomplis selon les règles. »

Ovide, Fastes ((5,485-492)

Cette tradition se passe au moi de mai, moi des ancêtres (maiores) et trouverait son origine selon Ovide dans la légende de Rémus, frère assassiné de Romulus, le fondateur légendaire de Rome. L’ombre de Rémus apparut à ses parents adoptifs et leur demanda d’intervenir auprès de Romulus pour obtenir l’institution d’une fête en son honneur : les Remuria, devenues Lemuria au fil du temps.1

Que ce soit pour les Lemuria en mai ou pour les jours des morts en février, les vivants font aux morts des offrandes végétales. L’offrande végétale est synonyme de communion, alors que l’offrande animale, faite aux dieux, signifie la séparation. Les morts font partie de la même société que les vivants et « leur place doit y être officiellement reconnue ; sans quoi, ils risquent de manifester leur mécontentement, comme toute catégorie sociale négligée. » 2

  1. Source: http://bcs.fltr.ucl.ac.be/FASTAM/F5-379-544.html
  2. Jean-Paul BRISSON http://www.universalis.fr/encyclopedie/lemuria-et-parentalia
This entry was posted in Art, Dossiers. Bookmark the permalink.

3 Responses to Les Lemuria

  1. Très sympa et intéressant. Je me suis permis de faire un lien vers votre page sur mon blog dans un article consacré à la fève (en vous citant comme source). Si cela vous ennuie dites-le moi et je l’enlèverai.

  2. Merci, bonne journée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *