Trajan le conquérant

 

2 min pour comprendre l’empereur Trajan !

Sources: Il s’agit d’un buste de Trajan présent au musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse. L’extrait audio de l’hymne roumain provient de: https://commons.wikimedia.org/wiki/Fi… (Mastermindsro)
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Commode, l’empereur gladiateur

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Commode est le successeur de Marc Aurèle. Contrairement à son père, la philosophie ce n’est pas son truc. Il se voit plutôt en Hercule (d’où son accoutrement) et s’amuse même à prendre la place des gladiateurs.

Commode enfant 31 aout

Commode a été le seul empereur de la dynastie des Antonins a succéder à son père au lieu d’être choisi par son prédécesseur et aussi le seul à mourir assassiné, clôturant la dynastie des Antonins dans le chaos.

Devenu paranoïaque suite à différents attentats, il imagine pour fêter la nouvelle année 193 des jeux auxquels il forcerait les nouveaux consuls à participer en tant que gladiateurs pour les exécuter. Craignant pour leur vie, les proches de Commode organisent son assassinat. Son cadavre est traîné dans la ville comme celui d’un criminel.

Grâce à ses ancêtres prestigieux, Commode échappe toutefois à la damnatio memoriae1. Septime Sévère le fait diviniser quatre ans plus tard.

Source : Empereurs romains : L’Histoire règne par règne des souverains de la Rome impériale Relié– 8 mars 2012 de Chris Scarre (Auteur), Florence Maruéjol (Traduction)
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Antonin le Pieux: une différence de taille

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Voici deux portraits d’Antonin le Pieux présents au Musée Saint-Raymond. L’un a été trouvé à Chiragan, l’autre à Béziers. Si le premier respecte le classicisme romain à la perfection, le second semble être une œuvre de barbare brute et rustique. De manière plus polie, Paul Zanker, spécialiste du portrait romain en Allemagne, définit le second portrait comme «provincial». Cependant Jean-Charles Balty, spécialiste du portrait en France, argumente dans le sens contraire de Zanker. Alors, œuvre d’un atelier barbare ou d’un atelier romain?

Le portrait de l’empereur au centimètre près

Les têtes et bustes d’empereurs sont des portraits officiels réalisés dans les ateliers romains et diffusés un peu partout dans l’empire, un peu comme la photo officielle de notre président que l’on retrouve dans les mairies. Ces portraits, exposés sur les places publiques, étaient peints de couleurs vives, que la pluie et le soleil devaient atténuer avec le temps.

Une fois conçus dans des ateliers situés proches du palais impérial, les modèles sont reproduits en séries comme en témoigne la « verrue » qu’on voit à l’arrière du buste de Chiragan. Les verrues sont des boursouflures provoquées par le compas qui permet d’effectuer des mesures au centimètre près et rester parfaitement fidèle au modèle d’origine. Ces marques sont généralement effacées au moment du polissage mais il arrive comme ici qu’on les voit encore.

Le buste de Béziers: une copie grossière?

Si les ateliers de sculpture impériaux suivaient des normes de fabrication aussi rigoureuses, le buste de Béziers ne pouvait donc pas en sortir: les boucles de l’Antonin de Chiragan sont finement ciselées alors que l’Antonin de Béziers a une masse chevelue grossière et une barbe à peine esquissée. En plus, ses yeux sont trop gros par rapport au modèle officiel et son cou est énorme.

Pourtant l’analyse du marbre a révélé qu’il vient de Carrare et non pas des Pyrénées comme on l’a longtemps présupposé. C’est un marbre gris, très recherché à l’époque. Il ne s’agit pas d’un portrait provincial puisque la matière première vient bien d’Italie.

Les deux têtes suivent le même modèle, le même urbild.1 Les caractéristiques de ce portrait officiel d’Antonin le Pieux sont : les yeux enfoncés dans les orbites, pas de pupilles gravées, les mèches formant une « pince » en haut du front. L’attitude et sereine. Antonin porte la barbe mise à la mode par son prédécesseur, Hadrien.

La différence de proportions des yeux s’explique par leur différence de taille. La tête de Béziers est colossale alors que celle de Chiragan est plus ou moins à échelle réelle.

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On peut voir avec les goulots du cou que les deux têtes s’encastraient dans des statues en pied. Vu le poids de la tête, la statue de Béziers devait être acrolite, c’est-à-dire faite de différents matériaux avec seulement la tête, les mains et les pieds en pierre. Elle était aussi très haute, et la grosseur des yeux serait un effet de perspective pour compenser l’éloignement du spectateur.

Œuvre à moitié terminée, œuvre exceptionnelle

Le portrait n‘est tout simplement pas fini. Le cou est large parce qu’il n’a pas encore été taillé, comme la barbe et les cheveux. Il a été abandonné inachevé. Pourquoi? On voit à l’arrière qu’il y a eu un accident pendant la taille. Une partie du marbre a sauté, ce qui allait poser des problèmes de proportions. Ils ont donc laissé tomber ce portrait raté pour probablement en recommencer un autre.

Le fait que le portrait ne soit pas fini permet de comprendre les étapes de la taille. Il nous donne des informations précieuses sur les techniques et outils. On voit en effet que le visage est déjà fini et lissé, que la barbe est dégrossie par de petites incisions à la gradine.2 et que les cheveux sont en volume pour pouvoir creuser les boucles au trépan.3 Il devait y avoir plusieurs mains sur un même portrait, différentes personnes s’occupaient du visage, de la chevelure, de la barbe. Mais alors une nouvelle question se pose. Si cette tête provient d’un atelier romain et non barbare, cela voudrait-il dire que les sculpteurs romains se déplaçaient à travers l’Empire?

 

 

SOURCE:
Visite-conférence de Pascal Capus au MSR le dimanche 5 juillet

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Néron et sa maman


Néron fête des mères

En cette fête des mères, une pensée pour Agrippine, une maman qui nourrissait les plus hautes ambitions pour son fils, Néron.

« Qu’il me tue, pourvu qu’il règne » aurait-elle dit à un astrologue qui lui prédisait la suite des événements.

Mais Agrippine était plutôt coriace. Selon Suétone, Néron tente de l’empoisonner trois fois, mais elle a des antidotes. Il met ensuite au point un mécanisme pour que le plafond s’écroule sur elle pendant son sommeil. Sans succès. Il l’invite alors à un festin sur un navire qu’il fait couler pour la noyer. Elle revient à la nage…

Il lui faut trois hommes de main pour arriver à se débarrasser d’elle. Le premier lui donne un coup de bâton sur la tête. Alors que le deuxième sort son épée, Agrippine tombe en criant:
« Feri ventrem!  Frappe au ventre!  C’est là que j’ai porté César! 

 

Source: http://ledroitcriminel.free.fr/le_phenomene_criminel/crimes_et_proces_celebres/assassinat_d_agrippine_par_neron.htm

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Les Lemuria

A qui la fève?


Les Lemuria se déroulent chaque année le 9,11 et 13 mai pour éloigner les ombres des morts. Ces nuits-là, le père de famille doit effectuer un rituel décrit par Ovide:

« Lorsque la nuit à demi passée déjà assure un sommeil silencieux,
lorsque vous, chiens et oiseaux de toutes races, vous vous êtes tus,
l’homme, fidèle à l’ancien rituel et craignant les dieux, se lève,
sans porter aucune entrave à ses pieds.

De son pouce placé entre ses doigts joints, il fait un signe,
pour ne rencontrer, dans sa marche silencieuse, aucune ombre légère.

Lorsqu’il s’est lavé les mains dans l’eau d’une source pure,
il fait demi-tour, après avoir pris d’abord des fèves noires
et les avoir jetées derrière lui ; en les jetant, il dit :
« Je vous offre ces fèves ; avec elles, je me rachète moi et les miens. »

Il prononce ceci neuf fois, sans regarder en arrière :
l’ombre est censée ramasser les fèves et suivre ses pas, sans être vue.

À nouveau il touche l’eau et fait retentir le bronze de Témèse
puis demande à l’ombre de quitter son toit.
Lorsqu’il a dit neuf fois : « Mânes de mes pères, sortez !, »
il regarde derrière lui et considère que les rites sont accomplis selon les règles. »

Ovide, Fastes ((5,485-492)

Cette tradition se passe au moi de mai, moi des ancêtres (maiores) et trouverait son origine selon Ovide dans la légende de Rémus, frère assassiné de Romulus, le fondateur légendaire de Rome. L’ombre de Rémus apparut à ses parents adoptifs et leur demanda d’intervenir auprès de Romulus pour obtenir l’institution d’une fête en son honneur : les Remuria, devenues Lemuria au fil du temps.1

Que ce soit pour les Lemuria en mai ou pour les jours des morts en février, les vivants font aux morts des offrandes végétales. L’offrande végétale est synonyme de communion, alors que l’offrande animale, faite aux dieux, signifie la séparation. Les morts font partie de la même société que les vivants et « leur place doit y être officiellement reconnue ; sans quoi, ils risquent de manifester leur mécontentement, comme toute catégorie sociale négligée. » 2

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l’Éruption du Vésuve arrivée le 24 août de l’an 79 de J.-C. sous le règne de Titus

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Date : 1813 Technique : Peinture à l’huile sur toile Dimensions (cm) : Largeur : 195.5 Hauteur : 147.5 Situation : musée des Augustins, salon rouge

 

A l’occasion de la deuxième édition de la Museum Week (la semaine des musées sur Twitter), j’ai décidé de vous faire découvrir un tableau du musée des Augustins qui a été prêté au musée Saint-Raymond pour l’exposition « l’Empire de la couleur ». Il s’agit de l’Éruption du Vésuve arrivée le 24 août de l’an 79 de J.-C. sous le règne de Titus  de Pierre-Henri de VALENCIENNES (1750-1819)1. Le musée Saint-Raymond illustre la présence des fresques de Pompéi par cette peinture racontant à la fois la beauté et la tragédie de l’éruption du Vésuve qui a détruit la ville et préservé ses murs à travers les siècles. Cherchons à comprendre ce qu’a voulu dire l’artiste!

I. Le fond

Que voit-on sur le tableau? Une scène apocalyptiqueOLYMPUS DIGITAL CAMERA

Au premier plan, on voit une partie de terre, aux reflets rougeoyants. Sur cette butte de terre et face à la mer déchaînée, on voit trois personnages minuscules, agenouillés: deux hommes soutiennent un troisième qui semble inconscient. Plus à droite un autre personnage, le visage contre le sol, s’appuie sur ses bras repliés.

Derrière eux: des ruines. Les maisons et les colonnes sont ébranlées. Une fumée masque une partie de la scène. A travers la fumée on voit des gens qui courent. A gauche de la toile, la mer est agitée. On peut voir quatre bateaux bousculés par les vagues, chargés de passagers. Un homme nu est à la mer.

Au troisième plan: le volcan avec, à ses pieds, les maisons illuminées par la lave. Les maisons sont toutes petites, le volcan est très imposant. Une partie de la lave s’écoule le long du volcan, l’autre partie jaillit, s’élevant vers le ciel. Le ciel est un mélange de nuages de cendres et de pluie de fragments de roches, que l’ont peut voir au sol au premier plan.

Iconographie: un paysage historique

 La scène historique représentée est la mort de Pline l’Ancien, un écrivain et naturaliste qui est mort suite à sa volonté d’observer au plus près l’éruption du Vésuve.  La peinture est fidèle au récit donné par son neveu, Pline le Jeune, dans sa lettre à Tacite (à retrouver ici).  Mais le personnage principal de la scène est le volcan. Si P-H de Valenciennes s’inspire de la lettre de Pline le Jeune, il utilise aussi son expérience personnelle: il est allé à Pompéi et a probablement assisté à une de ses éruptions en août 1779.

Hypothèse: L’impuissance des hommes face à la Nature

Le tableau insiste sur la disproportion entre les hommes, minuscules, et le volcan, immense. Pline est mourant, les bâtiments s’écroulent, les bateaux coulent. La civilisation s’écroule sous les coups de la Nature déchaînée. L’analyse plastique du tableau révèle comment Pierre-Henri de Valenciennes souligne cette impuissance par la composition, la lumière, les couleurs et la touche de la toile.

II. La forme

Les lignes de composition: une géométrie de l’asphyxie

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Parmi les grandes lignes de composition, il y a:

– la ligne d’horizon, qui indique la hauteur des yeux du regardeur

– une verticale au centre, qui divise le tableau entre: la Nature indomptable (volcan et mer, à gauche) et la civilisation fragile (Pline mourant et architecture en chute, à droite).

– une oblique qui suit la descente du volcan,  se mélange à la fumée et rejoint les personnages. La fumée blanche chemine comme un serpent, s’enroulant autour de Pline qu’elle finira par étouffer. L’origine de cette issue fatale, le point départ de cette ligne oblique: le volcan.

– une autre ligne, partant de la droite, indiquée par le toit d’un bâtiment, rejoint le point de fuite dans le nuage de fumée blanche.

– un arc formé par les nuages de cendres forme un couvercle qui se rajoute à l’idée d’asphyxie. De plus, comme les bords du tableau sont sombres et que la lumière vient de l’intérieur, cet arc se prolonge en une ellipse qui entoure les personnages, le volcan et la fumée blanche qui les relie.

P-H de Valenciennes enferme les personnages dans un espace clos étouffant où toutes les lignes convergent pour les asphyxier.

Une lumière qui vient des entrailles de la Terre

Le tableau est très sombre: les rayons du soleil ne passent plus à cause des nuages de cendre. Ici, dans ce paysage de fin du monde, la lumière ne vient plus du ciel mais des entrailles de la terre. Le volcan en éruption projette un faisceau lumineux rouge violent qui monte au ciel et se reflète sur tous les éléments du paysage. Mer, terre, immeubles, personnages: tout est teinté par cette lumière rougeoyante qui les détruit.

Couleurs: le rouge et le vert

La dimension tragique du tableau repose sur le jeu de contraste entre deux couleurs complémentaires: le rouge et le vert. Ils sont opposés en valeurs avec le rouge vif et le vert sombre.

Selon un site qui interprète la signification des couleurs, la couleur rouge « peut symboliser la mort. Elle représente également la passion, la tentation, le feu, le sang, l’interdit, l’émotion […] et la détermination. » 2

Pline l’Ancien est un passionné de la Nature (comme Pierre Henri de Valenciennes d’ailleurs), intrigué et curieux de voir de plus près ce phénomène. Sous le coup de l’émotion ou asphyxié, Pline y trouva la mort.

Le vert est associé à la Nature mais aussi à l’instabilité, au changement, au mouvement. C’est une couleur ambigüe. Du côté positif, il représente la nature, il est apaisant. De l’autre, il exprime la maladie, la mort.3

La fumée est légèrement teintée de vert, elle arrive sournoisement vers Pline. C’est cette même fumée, toxique, qui a surpris les habitants endormis de Pompéi. La Nature, habituellement calme et source de vie, se réveille et elle est destructrice.

La touche

Deux styles de touche cohabitent et s’opposent dans le tableau: une touche classique, léchée, pour représenter les architectures antiques qui s’écroulent et celle, plus libre, utilisée pour peindre le feu, et les nuages de cendres.

III. Pierre-Henri de Valenciennes: entre académisme et innovation

P-H de Valenciennes aime observer les nuages. Il aime représenter l’instabilité des phénomènes naturels, les variations «  dues à la lumière plus ou moOLYMPUS DIGITAL CAMERAins pure, aux différents reflets des nuages causés par leur couleur, leur légèreté, leur épaisseur. » 4

Contrairement aux peintres de son temps, il peint en extérieur, fait des croquis, des études qu’il utilise ensuite dans une composition réalisée en atelier. Il travaille beaucoup sur la lumière, il incite même ses élèves à aller peindre un endroit à différents moments de la journée pour représenter les différentes ambiances créées par la lumière.

Alors que son époque valorise la peinture d’histoire, P-H de Valenciennes innove en donnant une place nouvelle au paysage, genre considéré mineur. Il crée le grand prix du paysage historique « qui exigeait l’exécution d’un paysage composé que venait obligatoirement « habiter » une scène historique. » 5

Grâce à la contrainte du thème historique, le paysage peut enfin s’élever au grand format. Tout en respectant la règle du sujet historique, Pierre-Henri de Valenciennes se libère des conventions de la peinture de paysage, qui n’est plus un simple décor mais un sujet en soi. La place du paysage est surdimensionnée par rapport aux personnages. Ses « paysages historiques », répondent aux exigences académiques  mais s’en détournent déjà.

Grâce à son sens de l’adaptation, Pierre-Henri de Valenciennes  innove sans choquer son temps. Bien intégré à son époque, il est admis à l’Académie de peinture en 1787 et médaillé d’or au Salon en 1805 où il expose régulièrement. Oublié peu après sa mort, il est un précurseur du paysage et de ses lumières, annonçant le travail de Monet ou de Turner.  Pour le spectateur d’aujourd’hui, la toile de Pierre-Henri de Valenciennes nous offre comme un « pris sur le vif » de l’éruption du Vésuve, combinant le souci du réalisme historique avec le sens du spectaculaire.

 

Son tableau est un hommage à la Nature incontrôlable. Il rend aussi hommage à Pline l’Ancien,  grand naturaliste qui perdit sa vie à cause de sa passion pour l’observation des phénomènes naturels. Pierre-Henri de Valenciennes se reconnaît très probablement dans ce personnage passionné. Cette peinture qui représente Pline représente aussi l’artiste et leur expérience commune du sublime de la Nature.

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Agalmatorémaphobie

A l’occasion d’un projet sur le thème de la phobie, j’ai découvert la phobie des statues qui parlent: l’agalmatorémaphobie.

J’ai choisi de faire une animation et je souhaitais voir la réaction des spectateurs face à une statue qui parle. J’ai choisi de faire un projet insitu, c’est à dire un projet dans un lieu créé pour le lieu. J’ai choisi deux statues du musée Saint Raymond. Au troisième étage, il y a des bustes disposés en demi-cercle, ce qui est parfait pour un débat.

J’ai choisi Postumus représenté enfant. Il a eu une mort tragique, sûrement assassiné par Tibère qui l’aurait tué pour le pouvoir. Ensuite, Tibère, empereur romain. Ce qui m’a amené à faire un dialogue entre eux deux, c’est qu’ils étaient frères adoptés le même jour.

Le texte est un mélange de fiction et de discours historique. Si le discours de Postumus est fictif, le texte de Tibère est un discours réel. Il traite du problème de la mémoire. Il refuse le titre de « Père de la Patrie » car il sait qu’il ne mérite pas ce titre.

« Oui, je suis mortel, Pères conscrits, s’exclama-t-il un jour aux Sénateurs médusés, et les devoirs dont je m’acquitte sont ceux d’un homme ; il me suffit d’occuper le premier rang ; de cela je vous prends à témoin et je veux que la postérité se souvienne ; elle rendra à ma mémoire un hommage assez et même trop éclatant, si elle croit que j’ai été digne de mes ancêtres, attentif à vos intérêts, constant dans les périls, intrépide contre les rancunes, quand il s’agissait de l’intérêt public. Mes temples sont dans vos cœurs comme mes statues les plus belles et les plus durables. En effet, les monuments de marbre sont dédaignés à l’égal des tombeaux quand le jugement de la postérité les a rendus odieux. Je supplie donc nos alliés, mes concitoyens et les dieux mêmes, ceux-ci de m’accorder jusqu’à la fin de ma vie la paix de l’âme et l’intelligence des lois divines et humaines, ceux-là d’honorer, quand j’aurai quitté la terre, mes travaux et mon nom de leurs louanges et de leurs bons souvenirs « 

Voici une vidéo du travail insitu.

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Le rapt de Proserpine

Voici un dossier sur un bas relief du musée st raymond sur le:

Le rapt de Proserpine

Chiragan ; Haut Empire

Bas-relief : marbre blanc

Format :43cm x46cmx 4,5cm
conservation : Musée Saint-Raymond ; Toulouse ; Inv. 30358

La description et l’iconographie de ce bas-relief romain sur le thème mythologique du rapt de Proserpine seront les bases d’une interprétation de l’œuvre.

Ce bas-relief rectangulaire contient neuf personnages, un serpent et quatre chevaux. Les personnages sont quatre femmes, deux hommes et trois enfants ailés. L’œuvre se divise en trois étages.

Sur l’étage inférieur, au centre, nous voyons un serpent qui fait une boucle sur lui-même. Il est aussi grand que les pattes des chevaux.

A sa droite, nous voyons les drapés de la robe d’une jeune femme qui retient par la bride des chevaux. Elle est en mouvement, son corps penché fait contrepoids aux chevaux. Son pied droit dépasse de sa robe. Plus à droite, nous voyons la jambe nue d’un homme.

A gauche du serpent, huit pattes de chevaux juxtaposés répondent aux drapés de la robe de la femme. Juste à côté des pattes, sous une queue de cheval, il y a une roue avec un motif de tête pour ‘enjoliveur’. Cette roue est attachée aux chevaux.

Tout à gauche, une femme est à genoux, la paume de la main gauche vers l’avant, le regard vers le haut en direction d’une autre femme qui lui tend les bras. La femme au sol a le sein droit dénudé et une couronne tressée. A ses pieds, on aperçoit un petit vase rempli. Devant elle, on voit le pied nu et la jambe d’un homme.

Le plan intermédiaire regroupe les visages de six personnages et des chevaux, qui forment ainsi un seul bloc .

Au centre un enfant ailé maintenu par un homme à la barbe tient les rênes du cheval. Les têtes et pattes antérieures des chevaux sont sur la droite, en mouvement. Ils se cabrent et le premier cheval regarde méchamment la femme qui essaye de les retenir.

Juste au-dessus de l’enfant se trouve une femme casquée qui tient une lance de sa main droite levée et un bouclier de sa main gauche. Elle regarde un homme qui se trouve juste à côté de la tête des chevaux et qui lui fait face.

On voit de ce jeune homme la jambe et le pied nus et on aperçoit une aile au-dessus de sa tête ainsi qu’un fragment d’aile (ou de drapé) derrière lui.

Sur la gauche, l’homme barbu est beaucoup plus grand que les autres personnages. Il fait environ trois têtes de plus que la femme qui tient les rênes des chevaux et sa jambe descend jusqu’à la femme assise à gauche. Sa jambe est plus grande que les pattes des chevaux. Sa barbe et sa chevelure sont longues et bouclées. Sa toge lui tombe sur les hanches. On voit son nombril. Il regarde en arrière vers le bas.

Derrière lui, il y a une femme décoiffée, les bras tendus au-dessus de sa tête. Elle est sur un plan horizontal, la tête légèrement vers le bas. Derrière elle, autour de ses bras, le marbre est sculpté en lignes courbes, formant des ondes .

Le niveau supérieur du bas-relief représente deux enfants ailés. Celui qui se situe sur le côté gauche tient une couronne faite de feuillages. Celui de droite porte à deux mains quelque chose qui pèse sur sa tête.

L’œuvre implique beaucoup de personnages dans une scène d’action violente.

Cette action violente est le rapt de Proserpine , un thème très connu du monde antique qui raconte comment Proserpine, fille de Demeter déesse de la fertilité , est enlevée par Pluton, dieu des Enfers avec l’accord de Jupiter. Face au désespoir de la mère, Jupiter trouve un compromis : Proserpine passera six mois sous terre et reviendra chaque printemps pour passer six mois sur terre.

Les sources les plus anciennes de ce thème mythologique sont grecques avec les Hymnes homériques. Dans la littérature romaine, ce thème est traité par Ovide et par Claudien. Le Rapt de Proserpine est un poème composé par Claudien vers 395 après J.-C. Dans cette version, on retrouve Minerve, ainsi que Cupidon envoyé par Vénus pour rendre Pluton amoureux et Diane la chasseresse.

On retrouve le thème dans une composition assez proche de celle du bas relief sur une pièce de monnaie de l’époque d’Hadrien, vers 128-130 après JC.

Le thème du rapt de Proserpine est aussi présent sur des vases comme celui-ci, un « cratère » qui sert à mélanger le vin et l’eau. On le retrouve aussi sur un autel funéraire romain :

Cercle du Peintre de Darius Autel funéraire IIe siècle ap. JC

H. 86.5 cm

Altes Museum

Le fait de retrouver ce mythe sur un autel funéraire est intéressant car c’est donc un thème religieux, lié à la vie après la mort. Le rapt de Proserpine, fille de Demeter, serait en effet lié aux mystères d’Eleusis qui étaient consacrés à Déméter et x Perséphone.

On ne connaît pas le commanditaire de l’œuvre. On sait qu’elle a été retrouvée à Martres-Tolosane sur l’emplacement de la villa Chiragan dont les propriétaires n’ont pas été identifiés .La richesse des découvertes dans cette villa a fait penser à Léon Joulin, archéologue qui a travaillé sur la villa Chiragan, qu’ils pouvaient être  des « procurateurs chargés d’administrer les domaines impériaux » .

On voit par la multiplicité des représentations, sur des objets aussi divers que des vases, des pièces de monnaie et des autels funéraires, que les personnages de cette scène étaient bien connus du public romain.

Pour nous, la lecture de la scène est beaucoup plus difficile.

On identifie sans peine Athena-Minerve grâce à ses attributs (le casque, la lance, le bouclier).

Avec la connaissance de l’histoire, on reconnaît Pluton avec ses quatre chevaux infernaux et Proserpine qui se fait enlever sur le char du dieu des Enfers.

On identifie Hermès, le dieu ailé, qui est aussi un dieu qui mène les morts vers les enfers.

La femme qui tient les rênes pourrait être Diane avec son carquois. Comme Athéna, Diane est une déesse Vierge qui défend la chasteté des jeunes filles.

Pour la femme qui est accroupie l’identification est plus difficile. Elle est peut-être une des Océanides qui cueillait des fleurs avec Proserpine lors de son enlèvement.

De même, la signification du serpent reste mystérieuse pour nous. Pour nous aujourd’hui, le serpent fait penser au tentateur d’Adam et Ève. Dans la symbolique romaine, il serait un des attributs du dieu Hadès-Pluton.

Et les enfants ailés, sont-ils des amours ? Ils ne portent pas les traditionnels arc et flèche. L’un porte la couronne de laurier, symbole de gloire, l’autre un objet inconnu (un grain de blé?) et le troisième conduit les chevaux. Est-ce que cela signifie que l’amour est au centre de cette action ?

Cela se pourrait car dans le poème de Claudien, Vénus est à l’origine du rapt, demandant à son fils Cupidon de décocher sa flèche sur Pluton. L’amour serait au cœur d’un cycle de vie – mort – renaissance. Le retour de Proserpine auprès de sa mère correspond à la renaissance de la végétation au retour du Printemps et à la prospérité de la vie durant l’été.

Le rapt de Proserpine oppose les personnages féminins et masculins dans une scène violente de chasse à l’amour – comme dans le face-à-face entre la vierge Athéna-Minerve et Hermès. Ils se jettent des regards foudroyants alors que Pluton a été foudroyé par l’amour.

Cette scène me fait penser à la bande dessinée Lo de Lucie Durbiano car on retrouve les personnages de la nymphe et de la protectrice des nymphes, Diane. On retrouve cette espèce de chasse à l’amour -ici c’est Pluton alors que dans Lo c’est la jeune fille.

Ce qui ressort pour le spectateur d’aujourd’hui, c’est le jeu des oppositions et le dynamisme qui en ressort. On le voit dans l’opposition homme-femme mais aussi la composition qui est très symétrique et dans le travail du marbre qui exprime la rondeur avec de la pierre.

sources :

http://saintraymond.toulouse.fr/Le-rapt-de-Proserpine_a51.html

http://www.fredericweber.com/articl_dieux/article_proserpine.htm

Léon Joulin, Les établissements gallo-romains de la plaine de Martres-Tolosanes, p. 598 cité par Wikipédia

l’Enlèvement de Proserpine de Claudien :http://www.mediterranees.net/mythes/ceres/claudien.html

image de Lo : http://www.bodoi.info/news/2010-07-28/images-de-la-rentree-bd-lo-par-durbiano/36190

Martial

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Les dieux romains n°1

Nous avons reçu une lettre de Cora et Eline . Elles nous envoient des encouragements, une description des dieux romains et un dessin pour chacun. Vous pouvez les voir juste en dessous.

Article très intéressant et très bien réalisé. Une dédicace à vous deux et bravo!

Si vous aussi vous voulez envoyer un dessin, une recherche, un exposé, une photo ou autre : n’hésitez pas à nous contacter. Cliquez ici

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